A l'heure actuelle, l'accès aux crèches est problèmatique; de plus, il est prouvé que ce n'est pas la meilleure solution pour de très jeunes bébés, le stress y étant important. L'idéal est bien de laisser le tout petit avec sa mère, mais c'est loin d'être facile, quant il faut deux salaires pour subsister ou quand le parent est seul.
Aucun gouvernement de pays occidental ne parviendra aujourd'hui "à faire rentrer les femmes à la maison".Mais, l'intérêt de l'enfant n'est jamais suffisamment pris en compte dans les modes de garde de nos sociétés. En définitif, la socialisation précoce n'est pas indispensable à trois mois, elle peut devenir inté ressante à partir de 1 an quand l'enfant a de véritables échanges avec ses petits amis.
Pris dans un phénomène de mode qui cache une obsession de la compétitivité, les gens exigent des enfants très petits et très tôt, qu'ils réussissent : dans la presse, on ne parle que d'enfants surdoués, en avance et des méthodes pour apprendre à lire, à nager bien avant l'âge moyen d'acquisition.
La crèche n'est pas une pourvoyeuse de génies, de "battants". Il ne faut à aucun prix valoriser la précocité au détriment de l'épanouissement de l'enfant.




Aussi efficaces, aussi attentives à l'évolution des petits que soient les crèches, rien ne remplacera la présence et l'affectivité des parents. Le métier consiste bien souvent à ramener des parents trop tranquilles vers leurs enfants. Une gestion des émotions tout aussi fatigante que de nourrir, changer et faire jouer les petits. Ce sont les jeunes auxiliaires un peu révoltées qui doivent compléter le temps de câlins qu'on n'accorde plus à nos enfants.




La possibilité du salaire maternel séduisait les françaises selon un sondage de l'Institut BVA paru dans l'hebdomadaire "ELLE" de février 1994, 28 % des femmes de 18 à 49 ans qui travaillaient auraient été tentées de quitter leur métier contre un salaire de femme au foyer de 3000 F par mois. Dans le cas de femmes seules (presque 1 sur 2), la question ne se pose même pas. La plupart des femmes travaillent parce qu'il faut deux salaires à la maison. Un plus long congé parental rémunéré, est une solution à envisager.




Les enfants qui viennent à temps partiel à la crèche sont moins malades, moins fatigués. On peut mettre deux enfants à la crèche pour une seule place en combinant le temps partiel des deux parents.




La crèche ne convient pas à tous les enfants. L'enfant mis en collectivité doit affronter une double vie (de sa famille à sa crèche) et parvenir à faire le lien entre les deux.L'idéal consisterait à trouver d'autres modes de garde et de financement. En Suède, par exemple on compte un adulte responsable de 3 enfants qui ne marchent pas, de 5 enfants qui marchent contre 8 en France. Les parents ont encore la possibilité de rester chez eux sans perte de salaire, si un enfant est souffrant.