Avant 1921, on parlait de "jardin d'enfants" ou de "la petite école à tricoter" et les femmes qui s'en occupaient étaient des "conductrices de la tendre enfance"... C'est à trois ans que l'enfant peut véritablement s'intégrer dans la société et on le voit bien sur le plan du langage : il passe du "moi" au "tu", à "il" ; c'est à dire aux autres. Il commence à jouer en partageant avec, et non plus à côté des autres enfants. Maria Montessorei et Ovide Decroly, grands pédagogues du début du siècle, sensibilisés d'abord par le développement des enfants porteurs de handicap, se sont aperçus que l'enfant ne posait pas seulement des problèmes de garde mais d'éducation globale et d'éveil. Leurs travaux joints à beaucoup d'autres ont retenti d'emblée sur la qualité des premiers jardins d'enfants, puis des écoles maternelles.

La société contemporaine n'assure pratiquement pas l'apprentissage du métier de parent. Et pourtant, l'enfant n'aura jamais de professeur plus complexe que celui qui consiste à être ainsi 24 heures sur 24 à la fois : ce psychologue de l'enfance et professeur que l'on nomme parent.

"...Vous aurez beau apprendre tout ce que la science nous enseigne sur les enfants, si vous n'avez pas le sens de ce qu'est l'enfance, il vous faudra renouer avec l'enfant qui est en vous. C'est le meilleur guide que vous puissiez trouver. Privés du sens de ce qu'est l'enfance, nous comprenons mal les données scientifiques et nous en faisons un mauvais usage parce que nous les voyons avec nos yeux d'adultes. Chacun de vos enfants est une combinaison unique de gènes, qui n'ont encore jamais existé sur terre et ne se rencontreront plus jamais... Ce que vous pouvez faire de plus important pour votre enfant est de vous tenir à l'écart et de laisser s'affirmer la personnalité unique qui se trouve en puissance au fond de lui-même et qui est en train de se révéler..." -Dr Fitzhugh-